La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada veut que davantage d’attention soit portée, à l’échelle internationale, sur les liens qui existent entre la santé maternelle et le VIH/sida
Québec (Québec) – Le 16 juin 2005 – « Ce que nous avons appris de l’intégration des sexes est qu’elle est néfaste pour les femmes », a déclaré M. Stephen Lewis, envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le VIH/sida en Afrique, lors d’une conférence bondée dans le cadre du Colloque du programme international pour la santé des femmes de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). L’événement compte parmi les activités de l’assemblée clinique annuelle de la Société, qui se déroule à Québec du 16 au 22 juin 2005. « Le problème n’est pas que, il y a dix ans, nous ne savions pas quoi faire lorsque confrontés à environ 500 000 décès de femmes chaque année; le problème, c’est que nous n’avons rien fait ».
Dans bon nombre de pays du monde, survivre à la grossesse et à l’accouchement demeure un immense défi. Un demimillion de femmes meurent chaque année des suites de la grossesse ou de l’accouchement, et plus de 11 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, dont 4 millions sont des nouveaunés. Le thème du colloque de cette année portait sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ainsi que sur les défis et les occasions en découlant en ce qui a trait à la santé des femmes en général et la santé de la mère et de l’enfant en particulier.
« La quête de la maternité sans risques, avec l’aide des OMD, est compromise non seulement par la pandémie de VIH/sida, mais, plus important encore, par l’inégalité entre les sexes », a poursuivi M. Lewis.
Selon Dr André Lalonde, vice-président administratif de la SOGC, « Les femmes, surtout les jeunes femmes pauvres, font face à une réalité lugubre en ce qui concerne leur santé, particulièrement celles qui vivent dans les pays en développement. À l’échelle mondiale, les OMD représentent notre engagement à l’égard de la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que de la santé génésique. Ils représentent aussi notre engagement à l’égard de la lutte contre la pandémie monstre de VIH/sida. Les associations professionnelles comme la SOGC ont un rôle crucial à jouer en vue de relever ces défis mondiaux. Ces associations possèdent les connaissances, le
leadership et la capacité socio-économique nécessaires pour sauver la vie des femmes ».
La SOGC offre le programme GESTA International, qui a pour objectif de former des instructeurs sur la prestation de soins obstétricaux d’urgence et la prévention.
La grande majorité de ces décès surviennent dans les pays pauvres, particulièrement au sein du segment le plus pauvre de la population. Cette réalité est d’autant plus compliquée par l’évolution du VIH/sida, dont les victimes comptent de plus en plus de jeunes femmes. Par exemple, en Afrique subsaharienne, 57 pour cent des adultes infectés par le VIH sont des femmes, et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans courent au moins trois fois plus de risques d’être infectées que les jeunes hommes. Le facteur fondamental sur lequel repose l’atteinte de tous les OMD touchant la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que le VIH/sida, est la promotion de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes. Une meilleure intégration de la santé génésique dans le cadre des services offerts en matière de VIH/sida constitue également un élément d’importance. L’amélioration de la santé sexuelle et génésique est essentielle à l’atteinte des OMD, particulièrement ceux touchant la santé maternelle et le VIH/sida.
« Pour moi, le problème se résume à la différence entre les sexes et à la façon dont nous traitons les femmes. Si, il y a vingt ans, nous avions été confrontés à un problème de mortalité masculine, ce problème sera déjà réglé ». M. Lewis s’est exprimé avec passion sur l’inégalité entre les sexes, et sa voix a tremblé lorsqu’il a expliqué à quel point il était peu préparé à voir la façon dont les femmes sont traitées et le nombre d’entre elles qui meurent en Afrique.
La SOGC a réitéré que, pour sauver la vie des mères, il faut d’abord aborder la question de l’inégalité entre les sexes.
Au sujet de la SOGC
Fondée en 1944, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada représente plus de 2 700 membres professionnels, dont des gynécologues, des obstétriciens, des médecins de famille, des infirmières, des sages-femmes, ainsi que des professionnels du domaine paramédical. À titre d’une des principales autorités dans le domaine des soins de santé génésique, la SOGC produit des directives nationales liées à l’éducation publique et médicale sur d’importants sujets en matière de santé des femmes. La mission de la Société est de promouvoir la santé optimale des femmes par le leadership, la collaboration, l’éducation, la recherche et la défense des droits dans la pratique de l’obstétrique et de la gynécologie.
Kelly Nolan
Directrice, Communications et éducation publique
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