La ménopause est une transition naturelle dans la vie d'une femme. Une femme qui n'a plus ses règles et qui n'est plus
en mesure de concevoir naturellement parce que ses ovaires ont cessé de fonctionner et de produire des hormones est en
ménopause.
La périménopause est la période menant à la ménopause, et peut durer entre cinq et huit ans. À l'approche de la
ménopause, les ovaires produisent moins d'oestrogènes, provoquant des changements dans l'organisme. Pendant la
périménopause, le flux menstruel peut graduellement s'alléger et éventuellement prendre fin. Aucun test ne permet
de diagnostiquer la ménopause, les symptômes demeurent le meilleur moyen d'en déterminer la manifestation. En
règle générale, dès qu'une femme accuse une absence de règles pendant 12 mois consécutifs, on peut dire qu'elle est en
ménopause. Ceci dit, certains symptômes peuvent persister, mais à un degré moindre.
La ménopause peut se manifester de différentes façons d'une femme à l'autre. Cependant, toutes les femmes devraient
profiter de cette période pour bien se nourrir, faire de l'exercice et prendre des décisions éclairées en ce qui concerne leur
style de vie. En misant sur ces facteurs, elles feront en sorte que la transition vers la ménopause soit plus facile.
Quels en sont les symptômes?
La plupart des femmes passent par les changements physiques et émotifs liés à la périménopause vers le milieu de la
quarantaine ou au début de la cinquantaine, quoique que les symptômes puissent se produire plus tôt ou plus tard.
Les saignements irréguliers sont un des symptômes les plus courants que les femmes peuvent éprouver au début de la
ménopause. Cependant, les bouffées de chaleur, soit un sentiment de chaleur intense à la tête et à la partie supérieure du
corps, sont des signes évidents de l'approche de la ménopause.
Parfois, ces symptômes sont peu notables. À d'autres moments, ils peuvent nuire au travail, aux relations et à la vie
quotidienne. Consultez votre fournisseur de soins de santé si vous éprouvez un ou plusieurs de ces symptômes :
bouffées de chaleur
sueurs nocturnes
palpitations cardiaques
troubles du sommeil
étourdissements
crises d'anxiété
nausée
sécheresse, pertes ou saignements vaginaux
(en raison de
l'amincissement et de l'inflammation
des parois vaginales)
infections urinaires récurrentes
problèmes urinaires (incontinence urinaire à
l'impériosité et à l'effort)
panne du désir sexuel (libido)
difficultés de concentration
fatigue
irritabilité
problèmes de mémoire
sautes d'humeur
Quelles sont les options pour traiter les symptômes ménopausiques?
Prendre des décisions éclairées liées au style de vie peut faciliter la transition vers la ménopause. L'observance du
Guide alimentaire canadien, la pratique régulière d'exercices, une meilleure gestion du stress et le maintien d'un poids santé
sont tous des moyens qui permettent de se sentir mieux pendant la ménopause. Des choix éclairés en matière de santé
peuvent également avoir une grande influence sur le risque des maladies cardiaques, ainsi que sur celui du cancer qui est
essentiellement une maladie liée au vieillissement (seul un petit pourcentage des cas de cancer sont de nature génétique).
Les spécialistes s'entendent pour dire que la transition vers la ménopause est un moment idéal pour réévaluer sa santé et
son bien-être, ce qui inclut une diminution de la caféine et de l'alcool, ainsi que l'abandon du tabagisme.
L'hormonothérapie (HT) peut être prescrite pour aider à prendre en charge les symptômes ménopausiques allant de
modérés à graves, comme les bouffées de chaleur. L'hormonothérapie vise à remplacer les oestrogènes manquants et se
présente sous forme de médicaments oraux (pilules), de médicaments absorbés par voie transdermique (par la peau),
comme les timbres et les gels, ou de médicaments administrés par voie vaginale, tels que des comprimés, des crèmes ou
l'anneau vaginal.
L'hormonothérapie est une option sûre et efficace pour bon nombre de femmes qui souffrent de symptômes
ménopausiques pénibles :
La recherche démontre qu'aucune autre option n'est aussi efficace que l'hormonothérapie pour traiter les bouffées de
chaleur;
L'hormonothérapie est grandement efficace pour prévenir la perte osseuse et les fractures ostéoporotiques, et soulager
les douleurs articulaires;
L'hormonothérapie soulage la sécheresse vaginale et autres symptômes urogénitaux qui peuvent résulter du manque
d'oestrogènes;
L'hormonothérapie administrée par voie vaginale soulage l'atrophie vaginale, un effondrement des parois vaginales
résultant d'un faible niveau d'oestrogènes.
L'hormonothérapie bio-identique (HTB) est un autre type d'hormonothérapie. L'HTB fait l'objet de controverses
puisqu'il s'agit souvent de « recettes personnalisées-composées » qui ne sont pas réglementées ou approuvées. Par
conséquent, aucune donnée scientifique ne corrobore son effet sur l'organisme. Actuellement, l'efficacité ou l'innocuité de
l'hormonothérapie bio-identique n'est soutenue par aucune étude à long terme. Avant de recourir à l'HTB, il est préférable
de consulter un fournisseur de soins de santé.
Les médicaments d'ordonnance ne contenant pas d'hormones sont également disponibles pour soulager les
bouffées de chaleur allant de modérées à graves. Ces médicaments comprennent les anti-dépresseurs appelés inhibiteurs
du recaptage de la sérotonine-norépinéphrine (IRSN), ainsi que la gabapentine, la clonidine et le bellergal. Votre fournisseur
de soins de santé pourrait vous suggérer un de ces médicaments si ceux contenant des hormones ne vous conviennent pas.
Comme les traitements complémentaires et parallèles peuvent ne pas avoir passé par les mêmes processus de mise
à l'essai et d'approbations réglementés par le gouvernement comme c'est le cas pour les autres médicaments d'ordonnance,
les données sur l'innocuité à long terme de bon nombre de ces médicaments à base de plantes médicinales ne sont donc
pas disponibles. En fait, la recherche démontre que les produits naturels peuvent avoir des effets secondaires et pourraient
causer des réactions néfastes avec d'autres médicaments que vous prenez. Avant d'avoir recours à tout traitement
complémentaire et parallèle, il serait judicieux de consulter votre fournisseur de soins de santé.
Pourquoi tant d'histoires négatives sur l'hormonothérapie?
La recherche scientifique actuelle confirme que l'hormonothérapie est sûre et efficace pour traiter les symptômes
ménopausiques allant de modérés à graves.
Toutefois, l'hormonothérapie a fait l'objet d'une publicité négative en 2002 lorsque la Women's Health Initiative a suspendu
une étude à ce sujet parce que les résultats semblaient indiquer un risque accru de crise cardiaque et de maladies du
coeur chez les femmes plus âgées. Les chercheurs ont conclus de façon erronée que toutes les femmes ayant recours à
l'hormonothérapie encouraient les mêmes risques; ils n'ont pas tenu compte de la moyenne d'âge des participantes
à l'étude, soit environ 63 ans, ce qui n'est pas une bonne représentation de l'état de santé d'une femme nouvellement
ménopausée d'environ 50 ans. Une analyse méticuleuse de l'étude a depuis révélé que ces conclusions ne s'appliquent pas
aux femmes au début de la ménopause. En fait, les femmes dans la cinquantaine qui recourent à l'hormonothérapie depuis
moins de cinq ans prennent non seulement leurs symptômes ménopausiques en charge, mais elles obtiennent d'autres
avantages pour la santé comme une protection contre l'ostéoporose.
Si l'utilisation de l'hormonothérapie vous préoccupe encore, voici d'autres faits à envisager :
Cancer du sein : Si vous prenez l'hormonothérapie au début de votre transition vers la ménopause pendant une
courte durée (moins de cinq ans), vous ne connaîtrez pas de hausse du risque de cancer du sein. Si vous recourez à
l'hormonothérapie pendant plus de cinq ans, la recherche démontre que votre risque du cancer du sein est à peu près le
même que celui d'une femme qui consomme de l'alcool tous les jours, qui ne pratique aucun exercice ou qui présente un
excès de poids considérable.
Maladie cardiovasculaire : L'hormonothérapie à court terme pendant les dix premières années de la ménopause
n'entraîne pas une hausse du risque de crise cardiaque chez les femmes nouvellement ménopausées.
Risque de caillots sanguins : L'hormonothérapie peut légèrement accroître le risque de caillots sanguins, mais ce
risque demeure minime. Ce risque s'atténue encore plus si vous prenez une hormonothérapie à faible dose et qu'elle est
administrée au moyen de timbres transdermiques. Le vieillissement, le tabagisme et le fait de présenter un surplus de poids
entraînent des risques encore plus élevés de caillots sanguins que l'hormonothérapie.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) a analysé des dizaines d'études sur l'hormonothérapie
effectuées au cours de la dernière décennie afin de fournir de bons conseils aux Canadiennes quant à l'innocuité et
l'efficacité de l'hormonothérapie pour traiter les symptômes ménopausiques. Le premier et le plus judicieux conseil de la
SOGC est de réévaluer votre mode de vie : la pratique d'exercices, votre alimentation, ainsi que votre consommation d'alcool,
de nicotine et de caféine. Des modifications à ces habitudes permettront de faciliter votre transition vers la ménopause.
Mais, si les bouffées de chaleur, l'insomnie et autres symptômes ne s'atténuent pas et nuisent à votre qualité de vie, la SOGC
vous rappelle qu'il existe des options sûres en matière de traitement, notamment l'hormonothérapie, que vous pouvez
essayer. Votre fournisseur de soins de santé pourra vous conseiller à ce sujet.
Ostéoporose
La plupart des femmes sous-estiment leur risque d'ostéoporose et de fractures osseuses. En fait, une Canadienne sur
quatre est à risque de souffrir d'une fracture associée à l'ostéoporose. De nombreux facteurs, à l'exception des antécédents
familiaux, entraînent une augmentation du risque de fractures chez la femme, comme un faible poids corporel, le
tabagisme, le manque d'exercices, un faible apport de calcium et de vitamine D, une perte précoce de la fonction ovarienne
et le recours à certains médicaments. Bien que les tests de mesure de la densité minérale osseuse puissent aider à
déterminer votre risque d'ostéoporose, il est également important de consulter votre fournisseur de soins de santé pour
évaluer votre risque de fracture sous tous les angles.
L'hormonothérapie est grandement efficace pour la prévention de la perte osseuse et des fractures ostéoporotiques, mais
elle n'est pas prescrite à cette fin seulement. D'autres médicaments peuvent permettre de prendre en charge l'ostéoporose.
Pour en savoir davantage sur la ménopause et les options en matière de traitement, consultez votre fournisseur de soins de
santé et consultez ces sites Web :
• www.mamenopause.ca • www.sogc.org pour accéder à la directive clinique de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, soit la mise
à jour 2009 sur la ménopause et l'ostéoporose.
Mise à jour : 4/05/11
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
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